Contrat de chantier BTP : un CDI, pas un CDD — fin de contrat et indemnités
On l'appelle souvent « CDD de chantier » — mais c'est un CDI. Une confusion qui coûte cher : mauvaise procédure de rupture, indemnités mal calculées, contentieux prud'homal.
Ce que dit la loi : un CDI, durée indéterminée
Le contrat de chantier (ou contrat d'opération) est formellement un CDI. L'art. L.1223-8 du Code du travail est sans ambiguïté : « Ce contrat est conclu pour une durée indéterminée. » Dans le BTP, il est autorisé parce que son usage dans la profession est habituel depuis au moins le 1er janvier 2017 — aucune convention collective spécifique n'est nécessaire.
Pas de plafond de 18 mois
Le plafond de 18 mois s'applique uniquement aux CDD (art. L.1242-8-1 CT). Le contrat de chantier, en tant que CDI, n'est pas plafonné : sa durée court jusqu'à la fin effective du chantier ou de l'opération, quelle que soit la durée. Un chantier de 3 ans est parfaitement légal sous ce contrat.
Pas de prime de précarité (10 %)
La prime de fin de contrat — dite prime de précarité — est due uniquement à l'issue d'un CDD (art. L.1243-8 CT). Puisque le contrat de chantier est un CDI, aucune prime de précarité n'est due à la fin du chantier.
Fin du chantier = licenciement — pas une simple expiration
Quand le chantier se termine, l'employeur doit rompre le CDI par licenciement — pas se contenter de ne pas renouveler. Procédure obligatoire :
- Convocation à entretien préalable de licenciement
- Délai de réflexion (au moins 5 jours ouvrables)
- Lettre de licenciement motivée par la fin du chantier
- Préavis selon ancienneté et convention collective
- Indemnité légale de licenciement si le salarié a ≥ 8 mois d'ancienneté (art. R.1234-2 CT) : ¼ de mois de salaire de référence par année pour les 10 premières années, puis ⅓ au-delà
⚠ Ne pas sauter la procédure de licenciement
Un employeur qui met fin au contrat de chantier sans respecter la procédure de licenciement (convocation, entretien, lettre) s'expose à des dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse. La fin du chantier est un motif valable — mais la forme reste obligatoire.
Mis à jour le · Sources : art. L.1223-8 CT, art. L.1243-8 CT, art. L.1242-8-1 CT, art. R.1234-2 CT, service-public.fr F34414